Three Billboards Outside Ebbing, Missouri 

Martin McDonagh est un réalisateur singulier, avec seulement 3 films en dix ans de carrière. Son premier long, Bons Baisers de Bruges, mêlait avec brio moments comiques, déclaration d’amour à la splendide ville belge et tension. Avec son nouveau film, Three Billboards Outside Ebbing Missouri (ridiculement traduit Les Panneaux de la vegeance), le réalisateur anglais brouille nos attentes et cite allègrement les frères Coen ou Un Homme est Passé pour construire ce western moderne.

Avec ce film, pas le temps de traîner puisqu’il débute in medias res ne laissant que peu de répit au spectateur. Pour venger le viol et le meurtre de sa fille, Mildred Hayes (Frances McDormand) loue trois panneaux publicitaires pour y afficher un message dénonçant l’inaction des forces de l’ordre. Avec cette introduction alléchante, le film nous emmène là où on s’y attend le moins et dynamite les poncifs du genre. Ici, point de récit linéaires mais des détours inattendus autant pour le personnage principal que l’escalade de violence qu’elle provoque. Dans ce rôle de mère forte et imperturbable, Frances McDormand tient ici un son rôle le plus puissant depuis Fargo (et, honnêtement, son plus important). Jamais le film n’impose un quelconque manichéisme, mais malmène plutôt ses personnages comme son spectateur pour qu’il soit constamment dans le doute. Au fil, on va apprendre à découvrir des personnages avec lesquels on ne peut jamais avoir d’avis fixe. Mildred Hayes a-t-elle raison de faire justice elle-même ? La police est-elle forcément coupable ?

Pour s’y retrouver, il faut peut-être se réfugier dans une pléthore de second rôle tous justes (Sam Rockwell et Woody Harrelson tiennent ici une de leurs meilleures performances à travers des scènes poignantes). Avec ce récit, impossible de ne pas voir en ce western moderne, une relecture des thématiques propres aux frères Coen (déjà utilisées dans le Bons Baisers de Bruges): ville paumé, losers magnifiques, personnages indécis scénario au cordeau… Derrière le pamphlet vengeur qu’il est censé représenter, ce western moderne est une vraie réflexion sur la justice, l’Amérique et le deuil. Inévitablement, ce Three Billboards est un des grands films de ce début d’année qui, après son récent sacre aux Golden Globes (4 récompenses, dont celui du meilleur film dramatique et des prix pour Frances McDormand et Sam Rockwell), devient un sérieux candidat favori des Oscars.

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