Au Revoir Là-Haut, Nahuel Pérez Biscayart est bluffant !

Au Revoir Là-Haut

Cet article ne contient pas de spoilers, continue ta route stupide hobbit joufflu !

* Résumé *

Alors que la rumeur d’un armistice se propage dans les tranchées Albert Maillard (joué par Albert Dupontel qui réalise aussi le film) et Édouard Péricourt vont devoir faire face à un ultime bombardement ennemi. Le jeune Édouard, artiste et rebelle devient subitement ce qu’on appelle une gueule cassée, il refuse sa nouvelle apparence et demande à son ami Albert, de le faire passer pour mort, un moyen efficace pour ne plus avoir à affronter son père avec qui il entretient une relation tendue depuis son enfance. À leur retour à Paris, Albert prend en charge son ami esquinté et l’aide à monter son arnaque aux monuments aux morts.

* Notre Avis *

De nombreux chroniqueurs consacrent Au Revoir Là-Haut comme le meilleur film français de 2017, mais franchement, ne serait-ce pas par défaut ? Certes il est rare, de nos jours, de voir un film français pousser à ce point la technique. Les décors sont superbes, les plans et les cadrages sont parfaits et oui ce film est bluffant ! Cependant dans un contexte de première Guerre Mondiale qui devrait facilité l’empathie du spectateur pour Édouard et Albert, tous deux victimes de cette boucherie justement dénoncée, on peut s’étonner de sortir de la salle sans même un début d’attachement aux personnages et sans bouleversements quelconques. La bande-annonce se concentre sur les moments burlesques, presque fantastiques, des scènes qui ne sont que peu présentes, en plus d’être mal amenées. La réalisation est tellement poussée qu’elle ne fait que mettre en avant la banalité de l’histoire et alors qu’on pourrait se concentrer sur le fait que ce film soit beau en dépit d’être bon, l’esthétique ne compense pas le scénario, au contraire, elle paraît, en comparaison, très surchargée, parfois même hors contexte.

« AU REVOIR LÀ-HAUT » Réalisé par Albert DUPONTEL

Toujours au niveau du scénario: les effets comiques et le dénouement sont prévisible. Lorsque les personnages sont en danger, on ne peut même pas avoir peur pour eux, d’abord parce qu’ils ne sont pas attachant mais surtout parce qu’on sait très bien ce qui va se passer. Rien n’est étonnant, rien n’est énervant, rien n’est jouissif … C’est plat ! Le point de départ de l’intrigue du film, c’est (et là pas de spoiler c’est dans la bande-annonce) : une relation père-fils qui part en miette à cause des non-dits, de l’ego, on peut aussi supposer qu’au début du XXème siècle la société se faisait une image très stricte et froide du père idéal. En fait on peut supposer ce que l’on veut et même partir sur des débats touchant à la psychologie de comptoir, il en reste que c’est du déjà-vu, et au-delà de ça ! Ce genre d’intrigue on les retrouve dans les téléfilms diffusés sur M6 tant leurs scénarios sont éculés. Et c’est vraiment dommage quand on a un budget qui frôle les 20 millions d’euros, un casting de qualité et une très bonne maîtrise de la réalisation. C’est le plus frustrant : ce film « aurait pu ».

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* Ça sent le César ! *

On se répète mais le casting, lui, est tout simplement parfait ! Et très franchement Nahuel Pérez Biscayart (Édouard Péricourt) sauve le tout ! On avait pu le découvrir dans 120 Battements par Minute où sa performance est déjà remarquable, empreinte d’une sensibilité et d’une justesse qui frôle la perfection. Avec Au Revoir Là-Haut, le jeune acteur de 31 ans brille par sa grâce, évoluant dans les décors tel un danseur (et un très bon qui plus est). Il charme le spectateur et devient le héros de sa propre pantomime. Son jeu d’acteur est d’autant plus remarquable dans la première partie du film, il entame seulement la cicatrisation de ses blessures et n’a pas encore créé ses masques. Bien que la partie inférieure de son visage soit recouverte par des bandages, Édouard Péricourt exprime toutes ses émotions par le regard, et les ardoises sur lesquelles il écrit ne servent qu’à ajouter un petit effet comique.

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Au final, Au Revoir Là-Haut aura sûrement marqué la rétine du spectateur mais il n’ira pas plus loin. On peut malgré tout supposer que cette superficialité affichée tend à faire écho au personnage d’Édouard, celui-là même qui est associé au paon (sur la couverture de la bande-dessinée de Pierre Lemaitre et Christian de Metter), symbole de beauté et de régénérescence. On gardera surtout le jeu sublime de Nahuel Pérez Biscayart qui s’impose comme le futur grand acteur français (et argentin) !

* Pour Approfondir *

  • Au Revoir Là-Haut, Pierre Lemaitre, 2013 (livre ayant inspiré le film)

  • Au Revoir Là-Haut, Pierre Lemaitre et Christian de Metter, 2015 (bande-dessinée inspirée du roman)

  • Le film La Chambre des Officiers, réalisé par François Dupeyron en 2001, inspiré du roman du même nom publié par Marc Dugain en 1998

  • Liste de 15 romans en lien avec les « Gueules Cassées » sur Babelio 

* D’autres critiques *

Durendal

 INTHEPANDA

Le Fossoyeur de Films

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