Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur, le choc des Titans

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En 1965, James Hill réalise Sherlock holmes contre Jack l’Éventreur, un film qui permet de réaliser le fantasme de voir se confronter ces deux personnages mythiques. Quelques années plus tard Ellery Queen s’inspire du film pour écrire un roman du même titre. Nous allons profiter de ce système d’adaptation plutôt original pour s’intéresser à la représentation de ces mythes.

* Le Film ou le Roman ? *

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Ellery Queen c’est, en réalité, le pseudonyme que se partage deux auteurs : Manfred Bennington et Frederic Dannay, mais aussi le nom du personnage principal de leur saga de romans policiers. On ne le retrouve, bien évidemment, pas dans Sherlock holmes contre Jack l’Éventreur, mais au vu de la carrière de ces deux écrivains, on peut se demander ce qui les a poussé à vouloir remanier le film de James Hill par un format littéraire. La réponse est claire lorsqu’on voit le film …

Les personnages principaux ont un caractère presque comique. Watson ne sert à rien et touche presque au ridicule. Sherlock lui est … humain, bien trop humain. James Hill ne parvient absolument pas à donner la « touche » holmesienne à son film, au point d’en rendre le visionnage douloureux ! À ce niveau là, si l’on fait une comparaison avec le roman, il est indéniable qu’Ellery Queen a une meilleure conception des personnages créés par Conan Doyle. Holmes et Watson y sont plus subtils, concentrés et graves. Le film, au-delà de la narration, est ridicule ! Nous vous souhaitons de tomber sur la VO, la VF étant tout simplement à pleurer ! Les acteurs surjouent, tel des comédiens (déjà pas très bons) placés sur un plateau de tournage sans avoir été prévenus.

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Le seul bon point du film c’est que, contrairement au roman, il met en avant le « bienfait » social qu’a apporté Jack l’Éventreur (oui c’est paradoxal, mais on vous explique le pourquoi du comment). En effet, les crimes terrifiants que celui-ci a commis ont permis de mettre en lumière la pauvreté qui rongeait de nombreux quartiers londoniens dont Whitechapel. Ces crimes ont amorcé une complète remise en question de la société anglaise et de son fonctionnement.

D’une certaine façon, on peut se dire que film et roman se complètent. Le second efface les défauts du premier et restructure entièrement le fil de la narration. Là où le film fait le choix de traiter Jack l’Éventreur selon un axe social, le roman se concentre plus particulièrement sur l’humain et la psychologie du meurtrier. Le choc des titans devient donc passionnant dans les deux cas !

* Par où commencer ? *

Nous sommes rarement confrontés à ce cas de figure, la plupart du temps ce sont les films qui sont inspirés d’œuvres littéraires et, en général, on se dit qu’il vaut mieux lire le livre avant d’aller voir le film. Mais ici, entre James et Ellery, le cœur balance …

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Conseil personnel : commencez par le livre ! Les meurtriers sont différents dans les deux œuvres ce qui permet de les découvrir toutes deux avec une réelle curiosité. Cependant les personnages ajoutés par Ellery Queen pour parfaire sa mise en abîme peuvent apporter quelques indications sur les remaniements de l’enquête.

 

* Élémentaire mon cher Watson *

Ce qui est vraiment extraordinaire avec la découverte de ces deux œuvres, c’est qu’au delà de la confrontation du grand détective et du criminel fascinant, se déroule en coulisse un combat bien plus profond. Ce combat oppose bien évidemment James Hill et Ellery Queen mais, du même coup, le principe même d’adaptation. James Hill tente de transposer un héros littéraire vers un genre qui ne lui est pas destiné, en tout cas pas en 1965. Sherlock Holmes est réaliste certes, mais on ne peut pas traiter son personnage sans une certaine touche fantastique. De plus, toute l’ambiance des romans d’Arthur Conan Doyle nécessite un énorme travail aux niveaux des décors, ambiance lumineuse et auditive, qui ne pouvait être fait avec la technologie de l’époque, mais bon, on salue l’effort !

Ellery Queen lui (ou eux), comme un bras de fer à Hill, reprend son scénario et remet Sherlock Holmes à sa place originelle avec succès ! Et oui Monsieur Hill, il faut être prêt avant de vouloir s’attaquer à Sherlock !

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