Eurockéennes 2017: pluvieux mais heureux

Rendez-vous incontournable, les Eurockéennes sont revenus à une formule de 4 jours pour leur 29ème édition. Après Iggy Pop ou Jain (le jeudi), La Femme ou Moderat (le vendredi), on a décidé de venir passer le week-end à Belfort pour découvrir le plus gros festival de l’Est français. Retour sur deux jours marqué par des très bons moments et une pluie lassante.

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Her enflamme la Grande Scène

A notre arrivée dans la ville, on a donc fait face à une pluie battante qui n’aura heureusement duré qu’une demie-heure. A peine le temps de découvrir le beau site de la presqu’île du Malsaucy qu’on se précipite voir notre concert inaugural avec les Rennais de Her: à notre grande stupéfaction, le public offre un accueil démentiel au groupe dès les premières notes. Belle mise en jambe avec ce concert soul sensuel et très réussi. C’est bien sûr le tube Five Minutes qui obtient la plus grosse acclamation sous un soleil radieux ! On reste dans le même genre, mais pas au même endroit avec la belle surprise de ce samedi. Les pieds dans le sable, Tuxedo vient remettre une couche funk à base de synthés 70’s et de chemises à fleurs. Effet garanti et plaisir maximum !

Quand soudain, le site est couvert par des basses assourdissantes. Ni une, ni deux, le mouvement de foule est significatif, Booba vient de débuter son « concert ». Si l’annonce de son nom au sein de la programmation avait divisé, dire qu’il a trouvé son public est un doux euphémisme puisque la Grande Scène est littéralement inaccessible. Vu qu’au-delà du son inaudible, on aura juste entendu un « ta mère, j’la nique »; on quitte l’attroupement au bout de 4 minutes, un record. Plutôt que de l’entendre auto-tuner ses titres, on préfère aller se ressourcer devant Explosions in the Skynotre véritable attente de la journée. Las, le quintet fait partie de ces groupes excellents sur disque mais ennuyeux sur scène. Même si les titres (qui dépassent parfois les 10 minutes) sont sublimes, on a du mal à entrer dans l’univers à cause d’un son brouillon et d’un public qui préfère pogoter plutôt que d’écouter attentivement ce quintet tout de même doué. Première grosse déception du week-end (et ce sera probablement la seule).

Paradoxalement, si Explosions in the Sky nous avait un peu endormi, les Dropkick Murphys viennent brutalement nous réveiller. C’est bourrin à souhait mais idéal à cette heure-ci pour se remettre efficacement en jambe. Dès lors, la soirée monte en puissance lorsque le rock laisse place à l’électro: minuit sonne lorsque Vitalic s’empare de La Plage et met le public dans sa poche en moins de deux. Énorme set du frenchy qui vient prouver qu’il reste un des meilleurs artistes électro hexagonaux. La Plage est bondée et danse sans discontinuer. Un très beau moment coloré et puissant.

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Fin de soirée bien électro aux Eurocks donc: la tête d’affiche du soir est Justice qui fait son grand retour après 4 ans d’absence et dont les précédentes prestations estivales ont été acclamés. Cependant, 20 minutes avant le début de leur set, une pluie diluvienne s’abat sur le site plaçant le groupe et le public dans l’incertitude. Annulé ou maintenu ? Le duo arrivera finalement avec 20 minutes de retard, bien évidemment pardonnés par un public gonflé à bloc et passablement détrempé. Un show aux allures de blockbuster qui place la barre très haut dès le début avec Safe & Sound puis D.A.N.C.E. La suite n’est pas plus mal non plus: son énorme, décorum mobile et lights aveuglantes, chaque titre jouissif est accentué par cette maudite pluie qui fait du set un véritable moment fort et inoubliable. On ressort du concert secoué, trempé mais heureux d’avoir assisté à un vrai moment de communion.

Le dimanche, la pluie a triplé de volume tant et si bien que le site s’est transformé en véritable terrain boueux. On décidé donc d’aller voir que les 3 gros concerts du jour. Béni des dieux du Rock, Royal Blood jouera son heure de set sous un soleil radieux, seul moment lumineux du jour. Au Cabaret Vert 2014, leur introduction sur Hole nous avait asséné une grosse claque. Désormais devenu un gros groupe, le duo basse-batterie joue dans la cour des grands malgré son effectif réduit. Le set fait la part belle aux nouveaux titres et le public se met sérieusement à pogoter dans la boue. Une belle heure agrémentée de gros effets sonores pour notre plus grand plaisir !

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Thomas Mars de Phoenix porté par le public

Le soleil n’aura duré qu’un temps et la grisaille revient pour la grosse surprise du dimanche. Alors qu’on n’attendait rien de spécial, les versaillais de Phoenix nous offre un très bon show qui navigue entre tubes repris en chœur (Liztomania, 1901) et pépites rétro du dernier album (sublimes Fior di Latte et Ti Amo). Malgré un son trop gorgé de basses (on soupçonne du coup Thomas Mars de playback), le set est une véritable réussite à la fois dansante, touchante et puissante prouvant que le groupe est une valeur sure au sein d’un live très efficace. En conclusion, Thomas Mars vient prendre un bain de foule rythmé une nouvelle fois au son de Ti Amo. La boucle est bouclée, avec élégance et fun.

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Enfin, après des heures d’attente, il est l’heure d’aller voir notre principale motivation quant à notre venue aux Eurocks: qualifié de « meilleur groupe live », Arcade Fire vient remettre en jeu son titre qu’ils reprennent au bout de quelques secondes. On pourrait vous écrire tout un article uniquement sur leur concert, le plus beau qu’il nous ait été donné de voir depuis bien longtemps. Franchement généreux, les canadiens nous offrent un set extraordinaire d’1h50 (soit 20 minutes de plus que prévu) qui n’a pas fini de nous épater. Si certains peuvent arguer qu’ils deviennent une grosse machine de stade (ce que l’on sent dans chaque mélodie reprise par le public), il n’en reste pas moins l’un des plus grands groupes de cette décennie. Les 18 titres s’enchaînent à la vitesse de l’éclair (qui a d’ailleurs disparu tout comme la pluie), de Rebellion (Lies) au récent Creature Comfort qui prend une grosse dimension tubesque sur scène. Plus qu’un concert, une véritable expérience humaine comme on en voit peu, parfaite de bout en bout et multipliant les moments. L’enchaînement Sprawl II / Reflektor / Afterlife ? A tomber. Les versions de No Cars Go ou Here Comes the Night Time ? Éblouissantes. Le décor ? Sublime avec ce grand cube – écran transparent. Et le final ? Un Wake Up de 10 minutes hurlé à pleins poumons par un public comblé. Aux dernières notes, plusieurs explosions se font entendre: la sono qui lâche ? Non, un feu d’artifice vient d’asséner un coup de grâce à cette perfection, un concert généreux, beau et stupéfiant comme il en existe peu.

Autant vous dire qu’après une telle journée (la sainte trinité: Royal Blood-Phoenix-Arcade Fire), difficile de redescendre de son petit nuage.  Ce week-end en terre eurockéenne fût une belle expérience qui, malgré la pluie, nous a offert un tas de concerts excellents. Peu de déceptions (à vrai dire une seule), et de très beaux moments. L’année prochaine, le festival fêtera ses 30 ans et promet de belles surprises. Assez pour garantir notre retour ?

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