Depeche Mode ose et (r)assure au Stade de France

Depeche Mode a eu de la chance: passant entre deux averses torrentielles, ils faisaient escale samedi au soir au Stade de France pour la troisième fois consécutive. Venu défendre l’acclamé Spirit, le trio de Basildon se devait de redorer leur blason après une performance très moyenne il y a quatre ans. Impériaux en 2010, inégaux en 2013, qu’allait donner le cru 2017 de Depeche Mode ? Réponse avec beaucoup de surprises, bonnes ou mauvaises…

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Après Où est Charlie, voici Où est Dave ?

Les américains d’Algiers officient en première partie tandis que le stade se remplit petit à petit (ce seront plus de 65 000 spectateurs qui auront fait le déplacement, certainement l’opération de pub de dernière minute aura aidé). Recevant l’ovation du public, Algiers propose une demi-heure loin d’être désagréable mais le public s’impatiente. 21 heures: au son du Revolution des Beatles puis de leur propre titre Going Backwards, Depeche Mode fait enfin son apparition. Tandis que les écrans projettent une toile abstraite, Dave Gahan joue à cache-cache avec son public si bien que, pour ceux qui sont éloignés de la scène, nous avons du mal à voir où il se trouve sur scène. La première chose marquante est sans aucun doute cette cohésion entre les membres, bien plus énergique qu’en 2013. Malheureusement, le son au stade laisse toujours à désirer: plutôt bon dans les premières minutes, il empire surtout vers la fin du concert où l’on entend plus que la batterie résonner et couvrir tout le reste. 

Connaissant déjà la set-list, nous avions une petite appréhension envers cette première heure de show: peu de tubes, beaucoup de nouveautés et des raretés lentes qui ont un peu plombé l’ambiance. Malgré le bon vouloir de World in my Eyes (toujours aussi sublime), Depeche Mode semble plutôt concentrer ce début de set sur son côté visuel: les projections signées Anton Corbijn sont sobres et excellentes, captivant le public (Gahan en cosmonaute sur Cover Me est un point fort). Lorsque c’est Martin Gore qui vient pousser la chansonnette pour Judas (pas dans sa meilleure version) et l’énergique Home, on pense que le public a lâché l’affaire.

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Les sublimes projections sur Cover Me

Que nenni ! Il faut donc attendre Where’s the Revolution, single phare du dernier album pour que le concert (et l’ambiance) décolle vraiment. On en est tout de même à la moitié du show mais soit. A cet instant, DM déballe la machine à tubes qui réveille enfin le public qui se met à chanter et danser de tous côtés. Modernisée, le tube Everything Counts fait hurler de joie le public. Idem pour Stripped, Enjoy the Silence et Never Let Me Down qui suivent. La sainte trinité ! En l’espace d’une demie-heure, Depeche Mode semble vouloir effacer les mauvaises appréhensions de la première heure et mettre le public dans sa poche. C’est désormais chose accomplie ! Sans aucun doute, le temps fort de cette deuxième partie est la reprise détonante du Heroes de David Bowie, dans une version sobre et très minimaliste, obtenant la faveur du public. Alors que la fin du show approche, DM ressort les grosses guitares: les mythiques I Feel You (littéralement inaudible) et Personal Jesus viennent clore le concert, finissant d’achever les sceptiques. Bien en jambe, le public en redemande encore pendant de longues minutes, mais le groupe a déjà quitté le stade…

Malgré les quelques réticences évoqués précédemment, Depeche Mode a encore livré un concert de très bonne facture. Certes, on sent qu’ils font efficacement le job mais il y avait entre eux une réelle complicité et une joie de jouer pour Paris que le public lui a plutôt bien rendu. Encore une fois, le groupe joue avec le feu et s’en tire avec les honneurs grâce à leurs inusables tubes et l’énergie déployée par son frontman Dave Gahan. A peine remis de nos émotions, nous avons appris avec joie que DM serait de retour le 3 décembre à l’AccorHotels Arena. Rendez-vous pris !

Setlist:

  1. Going Backwards
  2. So Much Love
  3. Barrel of a Gun
  4. A Pain That I’m Used To (Remix)
  5. Corrupt
  6. In Your Room
  7. World in my Eyes
  8. Cover Me
  9. Judas
  10. Home
  11. Poison Heart
  12. Where’s the Revolution
  13. Wrong
  14. Everything Counts
  15. Stripped
  16. Enjoy the Silence
  17. Never Let Me Down Again
  18. Somebody
  19. Walking in my Shoes
  20. Heroes
  21. I Feel You
  22. Personal Jesus
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