La Ferme des animaux, George Orwell : dystopie réaliste ?

ORWELL-LA-FERME-DES-ANIMAUX

Titre original : Animal Farm. A Fairy Story

Auteur : George Orwell

Roman allégorique paru en 1945

Édition Gallimard, Collection Folio (sur la photo)

George Orwell est sûrement l’un des auteurs qui me fait le plus ressentir de sentiments contradictoires : joie, surprise, tristesse, malaise… Je pense que c’est l’auteur qui arrive le plus à me donner l’impression qu’une histoire peut bien finir, tout en sachant pertinemment que ça ne va pas être le cas !

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Je ne sais pas si c’est réellement nécessaire de présenter ce livre, étant donné que c’est probablement l’un des livres les plus connus de l’auteur (avec 1984), mais allons-y : une ferme décide de se révolter après que Sage l’Ancien, le plus vieux cochon de la ferme, leur ait déclaré que les humains rendaient les animaux malheureux et qu’ils seraient bien mieux sans eux. Ils décident de se révolter contre M.Jones, le fermier, et prennent eux-mêmes le contrôle de la ferme.

 «Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non !»

L’homme est, dans le livre, le seul et unique responsable de tous les maux des animaux. Il faut donc mettre un terme à son règne. Les animaux décident de prendre le pouvoir sous la responsabilité des cochons, mais bien entendu il est dit et répété que tous les animaux sont égaux. Le but est de ne pas reproduire les mêmes erreurs que les hommes : inégalité, injustice… Par exemple, aucun animal ne dormira dans un lit, car c’est un objet inventé par et pour les hommes. Il ne faut pas leur ressembler et pour éviter cela, rien de mieux que de mettre au point un règlement pour tous les animaux !

Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.

Pourtant, l’égalité n’est pas si présente que ça puisque les animaux, malgré la révolution, continuent à mourir de faim. Pourquoi le problème n’est-il pas réglé, alors que les hommes ont été chassés ? Les cochons, autoproclamés dirigeants de la ferme, leur expliquent que la faim est inévitable, qu’il faut parfois faire des sacrifices pour atteindre la si précieuse liberté ! Les animaux cherchent, pendant tout le livre, à se rappeler s’ils vivaient mieux avant ou après cette révolution, mais les plus puissants (les cochons) leur assurent sans cesse que leur qualité de vie est bien meilleure maintenant !

Le livre donne l’impression d’être une petite histoire légère, une fable avec des animaux qui parlent. On le savait déjà, mettre des animaux à la place des humains en tant que personnages permet toujours de donner un ton léger à l’histoire, mais qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’une véritable critique politico-sociale, une satire de la Révolution russe et plus généralement des régimes totalitaires. L’histoire peut vraiment faire sourire au début, mais plus on tourne les pages plus on se sent indigné par le comportement de certains animaux ! Entre domination, soumission subie et soumission passive, on croirait presque retourner au XVIIIe siècle et relire Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie !

Finalement, les animaux qui voulaient se débarrasser des hommes ont eux-mêmes des traits humains dès le début du livre : ils se rassemblent pour faire la révolution et s’organisent pour déclarer la guerre, mettent au point des stratégies militaires…  C’est une personnification qui se développe de pages en pages et qui fait encore écho au monde actuel d’aujourd’hui. Je vous conseille fortement de le lire car il dénonce, en plus du totalitarisme, le goût prononcé que peut avoir l’homme pour le pouvoir. C’est un roman profond, bien écrit, qui fait réfléchir. Est-ce que la fin d’une injustice ne peut aboutir qu’à une autre injustice ?

Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres.

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Une réflexion sur “La Ferme des animaux, George Orwell : dystopie réaliste ?

  1. Magnifique retour sur ce livre fort en émotions comme en significations ! Je crois ne m’être jamais remise de sa lecture dont la scène finale m’a, littéralement, donné la nausée.

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