American Horror Story Roanoke, la saison polémique ?

Depuis sa création en 2011, la série de Ryan Murphy et Brad Falchuk, American Horror Story, est vite devenue une valeur sûre du petit écran et s’est forgé des millions de fans suivant avec passion cinq saisons tout aussi différente dans leur atmosphère que dans leur réception, du chef d’oeuvre (Asylum, Freakshow) à la purge innommable (Hotel). Très attendue, la sixième saison a joué la carte du mystère, brouillant et détournant encore plus les attentes des téléspectateurs. Pour le meilleur ou pour le pire ?

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De l’avis général, la cinquième saison d’AHS (Hotel) a été un véritable ratage, enchaînant les twists ridicules et les histoires invraisemblables. Devant remonter logiquement la pente, cette sixième saison a été néanmoins entourée de mystère. Les créateurs ont ainsi brouillé les pistes: des mini-teasers inquiétants, aucune confirmation de casting, aucune révélation du thème, juste une date de diffusion; façon maline de s’assurer des audiences canons. Le 14 septembre, les 5 millions de téléspectateurs découvrent quarante minutes d’un épisode qui déjoue toutes les attentes pré-conçues: pas de générique, la moitié du casting absent…

Ainsi, on suivra l’histoire du couple Matt et Shelby, sous la forme d’un documentaire nommé My Roanoake Nightmare. Histoire de brouiller la limite entre fiction et réalité, le couple qui s’adresse à la caméra ne sera pas joué par les mêmes acteurs que lors de la reconstitution filmée. Nouvelle manière de brouiller les pistes: sont-ce les mêmes personnes ? Une histoire différente ? Malgré cette troublante nouveauté, les fans seront néanmoins déçu par ce premier épisode, qui malgré un rythme et une ambiance plus oppressante qu’à l’accoutumée, revenait au thème de la maison hantée déjà utilisé dans la première saison (un couple achète une maison perdue en forêt à un faible prix, s’y installe malgré les interdictions des voisins et fait face à des attaques diverses dès la première nuit; bref schéma classique du film d’horreur). Malgré quelques épisodes qui traînent en longueur (ce qui est ironique car les épisodes dépassent rarement les 35 minutes), le tout se laisse agréablement regarder en grande partie grâce à son atmosphère poisseuse, sale et ses personnages affranchis d’un quelconque manichéisme.

Mais c’est sans compter sur l’imagination des scénaristes qui vont prendre à contre-pied les habitudes des téléspectateurs en bouleversant totalement l’histoire en plein milieu de saison. On ne vous spoilera pas les divers twists de peur de tout gâcher, mais l’intrigue désormais construite comme une gigantesque poupée gigogne; multipliant les points de vue et les scènes gores (qui ne sont cette pas un simple artifice mais servent vraiment l’histoire), le tout culminant dans un final simple mais cohérent.

Cette sixième saison aura fait couler beaucoup d’encre: chef d’oeuvre d’inventivité pour les uns, gros foutage de gueule pour les autres. L’on prendra ici une position intermédiaire: bien meilleure que la saison précédente (en même temps difficile de faire pire qu’Hotel dont le seul point positif était sa bande-originale), ce mystérieux Roanoke brille par son audace et son parti pris documentaire osé déjouant les attentes de tout le monde. Même si les personnages manquent un peu de profondeur (dû notamment à une performance d’acteurs inégale), cela reste une saison valable et assez réussie d’American Horror Story.

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Une réflexion sur “American Horror Story Roanoke, la saison polémique ?

  1. Personnellement, c’est une de mes saisons favorites, après Murder House (qui reste indétrônable pour moi) et quasiment à égalité avec Coven (j’avoue ne pas comprendre le lynchage en règle que subit cette saison, globalement). Freakshow et Hotel se sont perdus dans le gore et le glauque à outrance, sans se soucier d’avoir un scénario. Comme si avoir des personnages laids, difformes ou engager Lady Gaga en rôle-titre compensaient le fait de brasser du vide… Ben non, dommage.
    My Roanoke Nightmare a été une très bonne surprise pour ma part et certes, on est dans dans une ambiance slasher poussée à l’extrême, trop parfois (je me rappellerai longtemps de Vera Farmiga et ses copains qui se font empaler devant l’entrée du manoir), j’y ai enfin retrouvé l’ambiance qui me plaisait tant dans les trois premières saisons. J’espère que la septième continuera sur cette lancée 🙂

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