La tête de l’emploi, un roman qui s’inscrit dans son époque

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Date de parution en poche : 07/09/2016

Prix : 6,90 €

Auteur : David Foenkinos

Editeur : J’ai lu

Quand vous perdez votre travail, que votre femme vous quitte, que vos amis vous lâchent et que, pour finir, votre fille part à l’autre bout du monde, on est tenté de se dire que la semaine aurait pu mieux commencer ! C’est pourtant ce qui va arriver à Bernard, la cinquantaine, homme sans histoire, ancré dans sa petite vie tranquille et calme, jusqu’au jour où tout bascule ! Dès lors, c’est une inattendue mais non moins raide, descente aux enfers. Ne pouvant plus payer sa chambre d’hôtel (compte commun oblige, il doit demander à sa femme avant de retirer des sous), et l’autre grognasse qui a décidé de garder l’appartement, il est même contraint de retourner vivre chez ses parents. Coup dur pour ces derniers, très attachés à leur petit quotidien sans surprises, leur petite émission de l’après-midi dans leur fauteuil, et leur repas du soir à 19h tapante. Mais c’est en retournant dans son ancienne chambre d’adolescent, entouré par ses posters des Pink Floyd, que Bernard va devoir tenter de se raccrocher à la vie. Les grasses matinées, les chocolats chauds de maman, ne rien faire de ses journées ça va un temps, mais arrive un moment où il faut rebondir, accepter, et se relever changé !

Mais ce qui me dégoûtait encore plus, c’était l’expression : refaire sa vie. Elle me déprimait à un point inouï. Je l’avais toujours trouvée affreuse, et encore plus maintenant qu’on l’associait à moi. Ça voulait dire quoi refaire sa vie ? Ça voulait dire que la première était ratée, et qu’il fallait donc la refaire. Ça voulait dire qu’on sortait d’un brouillon, d’un travail mal fait, et que tout était à recommencer. J’avais raté ma vie : j’avais été nul en vie. J’étais comme un redoublant. J’avais vécu cinquante ans, et maintenant on me demandait de tout refaire. Le soir encore, j’y repensais, à cette expression, elle me hantait, elle m’obsédait, elle me narguait. Mais c’était la réalité de ce qui m’attendant : moi aussi, je devais refaire ma vie.

Malgré le sujet qui peut sembler pas facile facile (faut bien l’avouer), ça se lit tout seul ! J’ai pris un plaisir fou à dévorer ce livre d’un seul coup (ou presque), j’ai ri, j’ai été triste, j’ai même versé une petite larme à un moment (mais chut !!). Comme toujours avec les romans de Foenkinos (du moins ceux que j’ai lu pour l’instant), c’est une écriture extrêmement fluide. Il fonctionne par courts paragraphes, et petits chapitres, parfaitement structurés. On enchaîne les phrases, les pages défilent à une vitesse folle, si bien qu’en une journée vous pouvez venir à bout de ce petit roman de 250 pages.

Certes le scénario n’a rien de vraiment original, c’est une histoire comme on en voit de plus en plus aujourd’hui, au quotidien, dans notre entourage… Pourtant, quand c’est Foenkinos qui le raconte ça prend tout de suite tout son sens. Ça me donne vraiment l’impression que peu importe le sujet qu’il aborde il a une telle façon d’écrire, que ça me plaira forcément ! Il arrive à nous peindre très simplement des personnages profonds et attachants. On est captivé, car d’un côté on se doute que tout cela va bien se finir mais d’un autre côté on voit cet enchaînement de galère et on se dit qu’il n’y a pas d’issue. Il est extrêmement touchant. Moi qui ai surtout l’habitude de lire des romans jeunesse mettant en scène des personnages de mon âge, être face à un homme de cinquante ans, complètement perdu, ne m’a pas dérangée une seule seconde. Bien qu’à aucun moment on ne veuille être à la place de Bernard, on est totalement solidaire ! On se sent proche de lui, on le comprend, on veut son bien. Encore une fois, le charme de la plume de Foenkinos opère, on se sent happé dans ce livre au sujet si ordinaire, qu’il sait rendre extraordinaire. On veut se battre pour ce héros maladroit.

La merveilleuse histoire de vie d’un homme qui se bat, un récit plaisant et agréable, à découvrir au plus vite !

Petit conseil pratique :

Personnellement j’ai lu ce livre presque uniquement dans les transports (oui j’avais un long trajet à faire). Et j’ai parfaitement su l’apprécier. Mais si vous en avez l’occasion c’est typiquement le genre de livre qu’on peut lire dans une ambiance cocooning ! Munissez-vous d’une tasse de thé bien chaud, quelques cookies aux pépites de chocolat, un bon plaide pour ne pas avoir froid et vous verrez, ce livre vous semblera encore plus divin !

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