MIA – AIM

« Guns blow doors to the system / Yeah fuck ’em when we say we’re not with them / We’re solid and we don’t need to kick them / This is North, South, East and Western » scande-t-elle tel un symbole de liberté. AIM est-il le pamphlet tant attendu ou une déception à la hauteur de l’attente. Une réponse à l’entre-deux…

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Qu’on se le dise, M.I.A n’a jamais été une très grosse vendeuse de disques, faisant son succès sur quelques one-shot salvateurs (Paper Planes en 2008, Bad Girls en 2012) et ses engagements politiques mais c’est encore avec une très lourde pépite qu’elle nous a présenté son album. C’était il y a (déjà) onze mois avec le fabuleux Borders, ouvrant ce cinquième et présumé dernier album. Cette fois-ci, la chanteuse anglais d’origine tamoul (sri-lankaise) décide d’évoquer la question des migrants à travers ce AIM, précédé d’une grosse pub et de quelques extraits alléchants.

La (triste) réalité est qu’à l’écoute, AIM reste un disque mitigé. Musicalement, Mathangi « Maya » Arulpragasam nous ressert toujours les mêmes gimmicks: autotune/vocoder, phrasé typique anglo-indien, quelques scratchs électro et des sonorités orientales. Ca a beau plaire sur quelques titres, à la longue ça en devient redondant. Surtout que les guests (notamment le DJ Diplo) promettaient de belles choses mais n’accouchent au final que de titres quelque peu vains. La deuxième partie du disque offre néanmoins plus d’inventivité avec des titres comme Survivor ou All my People. Le gros problème est d’avoir mis d’entrée de jeu Borders, le reste du disque souffrant de la comparaison avec ce très gros son.

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Sur le plateau du Grand Journal, une « performance » statique et en vrai-faux playback, à moitié entre engagement et foutage de gueule

Au niveau des paroles, là aussi le disque pêche puisqu’il ne tourne autour que de quelques grandes lignes (du style « touche pas à mon pote migrant », « nous sommes tous dans le même bateau » etc.). Au vu de l’intense promo que la chanteuse a faite autour d’AIM, on aurait peut être aimé quelque chose de plus profond…

En résulte un disque mitigé: AIM est traversé par quelques grandes fulgurances (dans sa seconde moitié tout comme ses titres bonus) mais aussi de nombreux vides (le duo Bird Song / Go Off ou Fly Pirates sommet d’inutilité. Le côté engagé est honnête bien que tournant un peu en rond. AIM est donc un opus « mi figue-mi raisin » dont on attendait peut être beaucoup trop mais dont on vous conseille tout de même l’écoute ne serait-ce que pour ses quelques réussites (dont Borders mais ça vous l’avez déjà compris !).

 

  • M.I.A – AIM, Interscope Records. Sortie le 9 septembre. En concert le 29 octobre au Pitchfork Music Festival Paris.

Théau Berthelot

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