Les Chevaliers d’Emeraude, l’œuvre fantastique d’Anne Robillard

Pour mon premier article sur ce site j’ai souhaité commencer par vous donner mon avis disons…assez mitigé sur la saga des Chevaliers d’Emeraude d’Anne Robillard que j’ai terminé récemment. Tout d’abord : ça parle de quoi ? De chevaliers certes, mais encore ?

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Dans un pays imaginaire moyenâgeux, en paix depuis plusieurs siècles, un grand danger menace. Le roi du royaume d’Émeraude décide alors de rassembler une armée de chevaliers magiques qui seraient à même de combattre cet ennemi surpuissant. Mais, ne voulant pas refaire les erreurs du passé en octroyant à des guerriers humains des facultés surnaturelles, il est décidé de recruter ces futurs soldats parmi les enfants du pays possédant déjà une très grande puissance magique. Pour ce faire ils devront quitter leur famille et leur royaume pour recevoir un enseignement militaire mais aussi apprendre à maîtriser leurs dons. En grandissant ils formeront les chevaliers d’Emeraude. Disons que ça c’est les deux premières pages de la saga. Tout commence alors que la première génération de chevalier va être adoubée et qu’une femme d’une beauté extraordinaire se présente au palais d’Emeraude 1er. Dans ses bras elle tient un être minuscule, un bébé de couleur violette, au corps le plus étrange que l’on ait jamais vu. Elle confie cet enfant au roi, expliquant que c’est une fille répondant au prénom de Kira. Possédant des faculté magiques, elle devra grandir au château et peut-être faire partie de la prochaine génération de chevaliers… avant de partir précipitamment. Quelques pages plus loin, la mère mourra dans les bras du chef des Chevaliers : Wellan, en lui avouant que sa fille est en fait le fruit de son viol par le chef des vilains méchants pas beaux, d’où son apparence étrange. Les chevaliers devront la protéger coûte que coûte car la prophétie dit que plus tard elle sera la seule à pouvoir détruire l’empereur maléfique, son père.

Bon c’est pas tout ça mais ça fait beaucoup d’infos à la fois ! En bref, les chevaliers d’Émeraude c’est de la magie, des combats, des fées, des elfes (pas de nains !!), des prophéties, de l’amour (pleiiiins d’amour en fait !), du sexe (parce que ça va souvent avec l’amour, mais pas toujours hein !), beaucoup, mais vraiment beaucoup de chevaliers et d’ennemis à combattre vers la fin (parce que si on avait 50 chevaliers pour un pauvre lézard ce ne serait pas très passionnant), et puis c’est des aventures, du suspens mais aussi des larmes.

Cependant, c’est aussi une saga de 12 tomes et c’est bien là que ça coince. Parce que 12 tomes pour nous faire tout ça (accomplissement d’une prophétie, joie, larmes, couples qui se forment, combats à gogo…), ça fait quand même trop. En soi le problème réside dans la façon qu’a l’auteure de nous amener tout ça. Souvent elle parle, parle, parle et puis d’un coup on se retrouve à la fin du bouquin sans que rien n’ait bougé depuis le tome précédent. Il y a cette constante impression qu’elle écrit des chapitres entiers sur des personnages à qui il arrive des aventures qui n’apportent ABSOLUMENT rien à la trame principale… Et au bout d’un moment c’est lassant. Savoir qu’une des héroïnes quitte le champ de bataille pour aller rejoindre un autre royaume et qu’elle descend de son cheval, bois un peu d’eau, puis remonte en selle, puis s’arrête pour aller « se soulager » et ainsi de suite, et bien ce n’est pas vraiment passionnant… Bon j’exagère certes un peu dans cet exemple mais en gros, c’est l’idée. Cette saga aurait carrément pu être réduite à… disons 8 tomes maximum ! Le pire c’est qu’elle a décidé de faire une autre saga, suite immédiate de celle-ci, comportant également 12 tomes et il n’est absolument pas certains qu’elle s’arrête là, des rumeurs parlent d’une troisième saga de 12 tomes…

Mais malgré tout cela, malgré les longueurs, les infos superflues, j’ai terminé les 12 tomes ! Parce que l’histoire principale reste tout de même cohérente, même si dans le dernier tome tout s’accélère de façon assez…euh…flippante en fait, vu qu’on n’avait pas été habitué à ce rythme avant (énormément d’action en un temps très court) ! Quand vous passez du tome 1 au tome 2, 7 ans se sont écoulés, pareil du tome 2 au tome 3 ce qui fait assez peur, car on se demande qui sera encore en vie dans le tome 12 et encore pire si on songe aux sagas suivantes ! Mais ça finit par se réduire à quelques années voire quelques mois et ça c’est cool aussi, bien que je comprenne l’importance d’avancer dans le temps (vous verrez si vous avez le courage de vous lancer dans l’aventure). Les personnages sont très attachants, les sentiments très bien détaillés, même si l’amour semble toujours couler de sources : deux personnages s’aiment, ils se marient, combattent côte à côte, décident, ou non, de devenir parents, le tout de manière tellement banale et naturelle que ça fait sourire. On a souvent l’impression de voir les histoires d’amour à travers les yeux d’un enfant pour qui tout est simple tant qu’on aime, mais heureusement ce n’est pas une généralité, et puis les quelques scènes assez explicitent viennent très vite changer cela ! C’est d’ailleurs assez déroutant les premières fois c’est comme si un enfant vous disait : « Regarde ! Ils se tiennent la main, ils sont namoureux ! » et que d’un seul coup il enchaîne avec : « et ce soir ils vont se foutre à poil et faire l’amour sauvagement, par terre, dans la salle de bain » ! Mais c’est aussi des histoires d’amitié fortes, d’enfants ayant grandi ensemble, élevés comme des frères et sœurs au point que la mort de l’un d’entre eux est inconcevable. C’est plein de réflexions sur ce que signifie vraiment faire la guerre, tuer d’autres êtres, qui n’ont peut-être rien demandé. C’est une saga pleine de surprise et même parfois de rebondissements inattendus.

Pourtant je ne lirais pas la suite. En fait je n’ai cessé de pester après la saga suivante : Les héritiers d’Enkidiev, car pour moi cette série n’aurait pas de vraie finalité. J’imaginais déjà le suspens final absolument atroce, et pourtant je n’ai pas été déçue. J’ai adoré la fin, sorte de boucle bouclée qui finalement ne m’a pas spécialement donné envie de lire la suite. Je suis heureuse d’avoir terminé la saga qui m’a tout de même occupée un an (bien que j’aie lu d’autres livres que ceux-là en même temps). Les chevaliers d’émeraude représentent donc tout de même pour moi une très belle aventure littéraire car il faut être insensible pour lire 12 tomes sans finir par s’attacher aux personnages. Pourtant je suis bien contente d’en avoir fini afin de passer à d’autres aventures livresques, mais je n’oublierais jamais pour autant cette saga, bien qu’elle ne figure pas dans mon top 10 !

Lucie Pommet

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4 réflexions sur “Les Chevaliers d’Emeraude, l’œuvre fantastique d’Anne Robillard

  1. Et bien, quelle chronique ! Mais c’est normal pour une aussi longue saga dont il faut dire beaucoup de choses ! Je me souviens que tu m’avais déjà parlé de cette longueur et cette impression de « blabla dans le vide ». En tout cas, je suis contente de te voir chroniquer et le site est vraiment chouette ! Je pourrai lui faire de la pub sur ma page si ça te dis !

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    1. Haha, oui j’avais beaucoup de choses à dire en effet, mais ça fait du bien de pouvoir en parler, faire le point, ça m’a même permis de me rendre compte de tout ce qu’il y avait de positif dans cette saga (que j’avais au départ du mal à voir). Je suis super contente d’avoir pu publier cet article sur ce site 🙂

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  2. J’avais adoré dévorer chaque tome à l’époque de leur sortie^^ Le fait est que je te rejoins au moins sur un point : cette série a des faiblesses, notamment les grandes facilités qu’elle prend (les histoires d’amour trop évidentes, les pouvoirs trop puissants, les retournements de situation style deus ex machina…). Mais le fait est aussi qu’elle sait nous tenir en haleine (je me souviens que je lisais souvent les tomes en une nuit^^), l’écriture est fluide, simple et efficace.
    Personnellement, je n’ai jamais été dérangée par les 12 tomes : certes on part parfois en digression mais c’est aussi nécessaire pour créer un univers et développer autant de personnages (sinon on aurait juste une flopée de personnages secondaires ? Ou juste une armée constituée de 10 chevaliers ? Bref, pour moi, c’est la bonne solution^^) ; je ne trouve donc pas que ce soit totalement inutile à l’intrigue, d’autant plus que les livres ne sont pas de vrais pavés (c’est écrit gros, de manière aérée, ça se lit vite…) mais je comprends que ça puisse décourager ! 🙂
    Et pour Les Héritiers d’Enkidiev, je les avais commencé mais jamais dépassé le deuxième tome : comme toi, je suis un peu frustrée par le sentiment de manque d’achèvement que ça donne et plus encore par la surenchère de pouvoirs, de plus en plus puissants avec la moitié des personnages qui étaient apparentés à des dieux… Bref, les choses que je pardonnais volontiers à la première saga deviennent plus dures à accepter dans la seconde^^
    En tout cas, merci pour ton article ! Je l’aime beaucoup et ça fait plaisir de revoir parler de cette saga qui a bercé mon adolescence :p

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    1. Contente que tu ais aimé lire mon avis :), bien sûr cette saga n’a pas que du négatif et je pense avoir montré à quel point elle peut aussi être génial. Arès c’est vrai que le nombre de chevalier pour constituer l’armée finale nécessite tous ces tomes et comme tu dis beaucoup de ^personnages sont détaillés, ce qui est super, car on n’a pas seulement une armée de soldats avec 3-4 perso principaux mais vraiment une armée qu’on a l’impression de connaître et de suivre vraiment, personnellement.
      Pour les héritiers d’Enkidiev tout le monde me dit comme toi ! Mais j’ai déjà bien trop de choses à lire pour ne serais-ce que tenter de commencer cette saga, et puis au final je suis quand même satisfaite de cette fin 🙂 donc autant en profiter pour m’arrêter là !

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