[CINE]: Café Society, Woody Allen

logo_4etoiles-l

Comme chaque année, Woody Allen nous revient en grande pompe avec son nouveau film. Autant dire qu’entre l’hystérique Blue Jasmine et le pétard mouillé L’homme irrationnel, gâchés par un scénario bâclé, le résultat de ce nouveau film était autant attendu que redouté. Présenté en ouverture du festival de Cannes, cette histoire d’amour contrariée sous fond d’Hollywood de la belle époque avait tout pour séduire le spectateur lambda, comme le fan de l’œuvre du new-yorkais. Autant le dire tout de suite, Café Society est une belle réussite, et c’est un  »réfractaire » au réalisateur qui vous le dit. On y suit l’histoire de Bobby (Jesse Eisenberg), quittant tout rêveur New-York pour la cité des anges afin de trouver un travail au côté de son oncle, agent de star qui a découvert Paul Scarface Muni. Il y tombe amoureux de Vonnie, secrétaire de son oncle mais aussi amant de ce dernier, ce que Bobby ne sait pas encore…

564529.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Vonnie (Kristen Stewart) et Bobby (Jesse Eisenberg), un couple  vibrant

Car au-delà de cette simple histoire d’amour sur fond de je t’aime moi non plus (il faut avouer que le couple formé par Jesse Eisenberg et Kristen Stewart est excellent de sobriété et de justesse malgré leur maladresse), c’est le décorum années 30 qui nous fascine. Dès l’ouverture du film, Allen , au sein d’une mise en scène sobre et classique, pose d’entrée de jeu tous les éléments de ce qui va suivre pendant 90 minutes : un (faux) luxe, des maisons clinquantes et une course à la célébrité… Façonné par le chef opérateur d’Apocalypse Now l’univers 30’s est filmé avec une telle justesse et une telle admiration qu’on s’y croirait presque. Il est intéressant de voir un nouveau film s’intéresser aux coulisses (pas si glorieuses) de l’âge d’or hollywoodien afin de mieux en cibler les affres et les non-dits, quelques mois après Avé César des Coen ou le Dalton Trumbo de Jay Roach. Un univers en tous points fascinant, digne d’une carte postale dans lequel Allen fait évoluer des personnages simples mais justes : Steve Carrell confirme (pour les dernier sceptiques) son talent dramatique, Jesse Eisenberg est en quelque sorte une projection du réalisateur de par son mal-être et sa naïve timidité constante ; enfin Kristen Stewart irradie l’écran (comme les deux acteurs) de sa beauté.

Bien évidemment, le réalisateur n’oublie pas ses premiers amours en consacrant une bonne partie de son film à New-York qu’il met aussi en scène de façon fantasmagorique comme un lieu magique duquel il est difficile de s’extirper (ce n’est pas un spoiler, Café Society est un café réputé des années 30 ayant réellement existé). Si l’on pourrait emmètre une petite critique sur le film, ce serait sur un incessant et prétentieux name-dropping sur toutes les stars de l’époque, comme si Woody Allen déballait aux spectateurs sa culture cinématographique, qui après quarante ans de carrière n’est pas à remettre en question. Drôle, touchant, bluffant, Café Society vise juste grâce à une scénographie étudiée et des personnages touchants. C’est une oeuvre comme on aimerait en voir plus souvent, loin de la bluette qu’on aurait pu craindre mais un véritable bijou captivant de bout en bout, qui se place déjà dans les films marquants de cette année 2016.

Théau Berthelot

Pour vous laisser convaincre (si ce n’est déjà fait), voici la bande-annonce:

https://www.youtube.com/watch?v=Y2c1y1HT0yo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s