Exposition « L’Art dans le Jeu Vidéo, l’inspiration Française. »

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Situés dans les Docks, cité de la mode et du design. Les Arts Ludiques accueillent plusieurs expositions temporaires par an et une collection permanente qui rassemble tout un univers contemporain sur la bande dessinée, le cinéma, l’animation et le jeu vidéo. La première exposition était «Pixar, 25 ans d’animation» en 2013. Pour voir la vidéo explicative du commissaire d’exposition cliquez ici !

L’exposition «L’art dans le jeu vidéo, l’inspiration française» a débuté le 25 septembre 2015 et met en valeur le travail d’artistes et de studios spécialisés dans les jeux vidéos français, comme Spiders ou Ubisoft par exemple. Alors que le jeu vidéo était plutôt simpliste graphiquement dans ses premiers temps (Pong, Space Invaders…), il a connu depuis de très grandes améliorations. L’imagination du joueur est toujours sollicitée, mais le rendu est bien plus réaliste grâce aux nouvelles technologies. Au lieu d’imaginer être à un endroit précis, le joueur se trouve presque immergé à l’intérieur d’un paysage, on a presque du mal à différencier une image réelle et une image créée numériquement. Le jeu vidéo, encore aujourd’hui, doit trouver sa place dans l’art mais est de plus en plus considéré comme un Art à part entière grâce à l’utilisation de différents médias comme le présente cette exposition : la peinture, la sculpture, le dessin… Elle regroupe énormément de croquis, d’aquarelles, de peintures numériques ou même des sculptures afin de laisser au spectateur le souvenir d’un «art total». Le jeux vidéo cherche en effet à prendre pour référence les arts qui l’ont précédé mais surtout de faire comprendre qu’il s’agit d’un art légitime. L’exposition cherche donc à la fois à inviter un public de connaisseurs mais aussi à faire découvrir cette forme d’art numérique à des personnes qui ne connaissent rien aux jeux vidéos. C’est pourquoi on trouve différents médiums mis à disposition du public (des guides audio pour les personnes étrangères, les fascicules qui résument les différentes étapes du parcours de l’exposition, les cartels et les vidéos… ).Il s’agit d’une exposition très visée puisqu’elle est sous-titrée “L’inspiration française”. C’est donc un moyen de faire découvrir comment les studios français manipulent ce mélange entre les arts, à la fois dans le dessin par croquis et le dessin numérique. Le fait que ce soit inspiration française fait découvrir la technologie française et ce qu’elle est capable de faire, mais aussi découvrir les techniques pour créer/inventer des décors ou des personnages, c’est une forme de réalisme. Il n’y a par contre pas de médiateurs ou de guides, les seuls systèmes de médiation sont ceux énoncés ci-dessus. Est-ce car il s’agit d’une institution privée, ou pour laisser la place au spectateur de découvrir entièrement et par lui-même ? Il y a dans tous les cas une notion d’art “total” selon Jean-Jacques Launier (fondateur du musée et commissaire de l’exposition). Pour lui, le jeu vidéo incarne “l’Art Total” car il fait appel au dessin, à la peinture, à la sculpture, à la création d’univers entiers et de centaines de personnages par jeu, à la mise en scène, à l’animation, au scénario, à la musique, et bien sûr à la conception d’un mode de jeu destiné à transcender l’interactivité. Cette dernière notion est très importante car elle va susciter de nombreuses questions. Le jeu vidéo est une interaction avec le joueur, mais cette exposition n’était pas forcément interactive. Nous allons donc, dans cet article, nous épancher sur la question de l’immersion dans le jeu vidéo. Peut-on réellement parler d’interactivité, que ce soit dans la forme de l’exposition comme dans sa médiation ?

Note : toutes les photos proviennent de photos personnelles prises durant l’exposition (© Les arts Ludiques)

Les techniques d’exposition et la médiation dans l’exposition

communiqué

Classification de l’exposition par thèmes :

Dessiner les villes et les cités : villes imaginaires ou réelles, elles peuvent appartenir au passé ou au futur

Réécrire l’Histoire : réécrire des épisodes de l’histoire (Assassin’s Creed Unity)

L’invitation au voyage : destinations variées et magnifiques (montagnes de l’Himalaya etc)

Imaginer de nouveaux héros et créatures : conception de personnages (croquis, dessins d’études, peinture, sculpture, peinture numérique(1)…), d’animaux, de figures mythologiques…

L’Hommage au 7ème art : utilisation de tous les arts, notion d’art «total». Lien entre peinture et jeu, cinéma et art (acteurs connus comme Ellen Page)…

« L’Art dans le Jeu Vidéo, l’inspiration Française. »est la première grande exposition consacrée aux artistes de jeu vidéo. Il est très surprenant de voir que la médiation de cette exposition est assez pauvre : à part les cartels, la seule médiation proposée au visiteur est l’audio-guide, cependant les gens ont tendance à ne pas les prendre, et il n’y a pas de médiation “humaine” po13170523_10206567551451432_1342033093_our compenser cela. Le communiqué du site internet de l’exposition nous propose de voir au travers de 800 œuvres et divers installations, le parcours de l’œuvre dans le cadre du jeu vidéo. De son dessin au crayon jusqu’à sa “numérisation” en passant par l’aquarelle, la peinture et même dans certains cas la sculpture. L’exposition nous propose de découvrir la virtuosité de ces peintres du jeu vidéo. Or le terme même de virtuosité renvoie a quelque chose de l’art “classique”, Quand on propose une exposition sur le jeu vidéo, le spectateur est en droit de s’attendre à être complètement immergé dans le numérique. Ce qui n’est pas le cas, une très grande partie de l’exposition est constitué de tableau et même si la disposition muséale sort quelque peu des sentiers battus, l’exposition ne fait pas assez ressortir le côté interactif du jeu vidéo.

Cette exposition se pose comme étant accessible aux connaisseurs comme aux néophytes, mais surtout Transgénérationnel. Si je suis plutôt d’accord sur le premier point, je ne suis pas complètement en accord avec le second. D’abord parce que ce sont essentiellement les gens qui aiment les jeux vidéos qui verront l’exposition. Cependant les néophytes viendront comme accompagnateur, nous avons vu une maman avec ces deux garçons qui découvrait complètement le monde du jeu vidéo alors même que ses deux fils ( pas plus de 14 ans) devaient jouer régulièrement à entendre le langage qu’ils employaient. le jeu vidéo s’intéresse à certaines tranches d’âge, mais si les joueurs grandissent avec ce monde, ce n’est pas forcément le cas d’une génération, comme par exemple celle de nos grands-parents qui ne pratiquaient pas ce type d’activité. je ne pense donc pas que l’on puisse qualifier cette exposition de transgénérationnelle.

Néanmoins l’exposition nous offre la possibilité d’observer le background (arrière plan, dans le sens de l’univers, de tous ce qui fait les éléments du décors) de nombreux jeux vidéos, c’est notamment le cas avec les tableaux exposés des différents Assassin’s Creed, qui nous offre une plongée dans le passé et notamment pendant la révolution Française. L’exposition propose différents thèmes comme “ Dessiner les villes et citées” ou encore “ Réécrire l’Histoire”. Des tableaux à chaque début de section présentent brièvement le contenu de la section ainsi que ses particularités, on peut les surnommé les grands cartels, ce sont ceux qui contiennent le plus d’informations. On retrouve de plus petit cartels près des œuvres, qui nous donnent plusieurs indications : le dessinateur, le jeu vidéo et l’année de sortie du jeu. Mais mis à part ces deux types de cartels, le visiteur n’a pas d’autres informations à sa disposition.

«Dessiner les villes et les cités», «Réécrire l’histoire», « L’invitation au voyage», «Imaginer de nouveaux héros et créatures» , «L’hommage au 7ème Art», et «Magie, poésie, contes et féerie» sont les 6 catégories que nous propose de voir l’exposition. La question du corps est fréquemment utilisée dans l’art numérique, cependant notre exposition laisse peu de place au corps, que ce soit celui du spectateur ou ceux des personnages de jeux vidéos. Nous n’avons pas une multiplicité de corps, à l’exception de la vidéo sur l’écran incurvé. Les autres corps que l’exposition donne à voir, sont des corps partiels, comme ceux de la salle avec les bustes. et cela malgré l’utilisation d’un grand nombre de médium comme la peinture, la sculpture, le croquis ou encore la sculpture numérique et la peinture numérique (forme d’art numérique dans laquelle les techniques de peinture comme l’aquarelle sont appliquées avec des outils numériques avec comme support un ordinateur ou une tablette graphique). La peinture numérique n’implique pas que l’ordinateur s’appuie sur un modèle : l’artiste créée la peinture directement sur ordinateur), le corps apparaît comme inachevé ou toujours en développement, un sentiment qui est suggéré par la vidéo montrant les transformations morphologiques des visages à la fin de l’exposition.

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Pour en revenir au corps du spectateur, il n’interagit pas avec les œuvres puisqu’elles n’appellent à aucune interactivité . Ou tout du moins, il n’y a pas d’appel à l’action du spectateur, que l’on pourrait qualifier de passif. Pour reprendre le cas de la vidéo d’Assassin’s Creed, le banc qui est placé en face de l’écran incurvé invite le spectateur à s’asseoir et à regarder la vidéo, dans une certaine mesure c’est une invitation à la contemplation, qui permet au spectateur de se poser quelques questions, notamment sur les techniques utilisées pour obtenir un rendu aussi réaliste. Le spectateur a donc l’impression d’être dans le jeu vidéo puisqu’il est assis sur le banc et que la vidéo agit sur lui, il y a une forme d’interactivité mais elle n’est pas comparable à un dialogue entre le spectateur et l’œuvre. Un peu dans le même principe, il y a les écrans, dans la seconde salle, qui expliquent le travail de peinture sur le jeu vidéo. On y voit le curseur ouvrir des menus dans un logiciel et peu à peu un personnage prend vie. Mais tout comme la vidéo d’Assassin’s Creed, c’est une interactivité basée sur la passivité du spectateur.

L’exposition se veut ludique et destinée à un public multi-générationnel. Pour se faire, elle installe son public dans un parcours composé de douze salles qui sont marquées d’un certain code couleur. On retrouve alors du blanc, du noir, du bleu, du vert, du rouge et enfin du rose. Ci-dessous, voici le plan de l’exposition tel que nous l’avons reproduit :

Par rapport à ce code couleur nous pouvons soulever un détail qui en réalité a un immense écho dans l’univers du jeu vidéo: la salle exposant des graphismes extraits de jeux vidéos qui semblent plus destiné à un public féminin et qui se nomme “Magie, poésie, contes et féerie” est rose. À l’opposé, la salle “Invitation au voyage” est bleu. Mais alors, retrouve-t-on ici l’un des arguments utilisés à de nombreuses reprises contre le jeu vidéo, c’est à dire son caractère genré ? En effet cette caractéristique à été cruciale dans l’évolution du jeu vidéo à l’échelle mondial, on peut d’ailleurs apporter pour preuve un exemple assez connu : la franchise Pokémon avait tout d’abord choisi Rondoudou comme sorte de “personnage principal” de la saga. Mais ce dernier étant rose, les petits garçons ne se sentaient pas visés par la franchise, ce qui crée un problème du point de vue de l’entreprise qui se prive alors de la moitié de ses possibles consommateurs. Rondoudou sera remplacé par Pikachu, pokémon jaune qui s’adresse alors à un public bien plus large. Ici la question du genre à totalement changé l’imagerie d’une franchise et a participer grandement à son succès. Réutiliser les codes soi-disant féminins et masculins associés à des thèmes étiquetés de la même façon serait un paradoxe avec le but principal de l’exposition des Arts Ludiques qui souhaite ouvrir le monde du jeu vidéo à tous au travers du prisme de l’art.

La totalité de l’exposition renvoie à la question : à quel public s’adresse-t-elle ? Les murs incrustés de paysages, les télés et la disposition des œuvres qui peut rappeler la BD font de c117ette installation une exposition marginale, avec un côté poster qui rappelle maladroitement les clichés des chambres d’adolescents. Le tout peut aussi faire référence aux premiers jeux vidéos extrêmement pixelisés. Voilà peut-être le plus gros point négatif de l’exposition : l’installation est un cliché, n’est fait que de références. On a la réelle impression qu’elle a été faite par des personnes totalement néophytes qui du coup se sont raccrochés à tous leurs a priori pour construire l’exposition. C’est un truc de jeunes : on va mettre des croquis en impression sur les murs, puis beaucoup de vidéos pour le jeu de mot et mettre toute les œuvres les unes à côté des autres parce que de toutes façons on a pas besoin d’espace p120our les apprécier. Les Arts Ludiques avaient pour ce thème des milliers de possibilité d’agencement, de collaboration entre le médium et les spectateurs et tombent malheureusement complètement à côté. Ils en viennent même à renier l’Art total du jeu vidéo qui bien plus qu’un graphisme, est une technologie qui requiert un art du codage et du game play. Ici on veut mettre en avant l’art du jeu vidéo mais à travers une vision de l’art totalement dépassée. Voilà, c’est un peu ça “l’art dans le jeu vidéo”. Malgré tout elle reste très agréable et colorée mais elle met totalement les joueurs de côté en ne leur laissant pas l’autorisation d’interagir.

Le jeu vidéo et l’exposition par rapport à l’art numérique

L’art numérique, qu’est-ce que c’est ?

L’art numérique, genre artistique depuis le début des années 1960, est un ensemble de catégories de création qui utilise le langage numérique. En effet, l’ordinateur interagit avec le sujet humain, par le développement d’interface électroniques. Le résultat de cette interaction est la création numérique. Cette catégorie artistique s’est déclinée en plusieurs sous-catégories comme la “réalité virtuelle” (2), la “réalité augmentée”(3), “l’art audiovisuel”(4), “l’art interactif”(5) ou encore “l’art génératif”(6). Cette forme d’art veut construire un dialogue entre les médias traditionnels (ceux de la peinture, de la sculpture, du dessin) et les nouveaux médias.

L’exposition des Arts Ludiques mêle en effet les anciens et nouveaux médias : on peut voir que sont mélangés les croquis, les vidéos, les dessins d’art numérique. La disposition de l’exposition est assez traditionnelle, c’est celle d’un musée.

Mais alors, malgré le thème qui est celui du jeu vidéo, pourquoi trouve-t-on que la notion d’art numérique ne s’applique pas totalement à l’exposition ?

Le jeu vidéo est un art numérique car ce sont différentes catégories de création qui sont mises en commun. En effet, le dessin est d’abord fait sous forme de croquis, puis sera amélioré grâce à une tablette graphique par exemple, afin que l’ordinateur puisse perfectionner des détails que le dessin seul ne peut pas. C’est la mise en commun du travail de l’artiste et de l’ordinateur.

Cette nouvelle forme de technologie qui se développe de plus en plus rend le réel plus accessible d’une certaine façon, puisque l’on cherche de plus en plus à ressembler à ce réel (décors, personnages de plus en plus humains au niveau du comportement et du physique… ). Cet art numérique a un rapport au pictural très important et prolonge les questions de la peinture, de la relation esthétique entre le joueur et le décor réaliste… Le jeu vidéo interroge les notions d’échelle, de perspective, d’espace… afin que l’on soit encore plus incorporé dans ce monde. Le jeu vidéo devient comme le cinéma, à reproduire une sorte de réel ou d’histoire à travers l’intervention de scénaristes, de dialoguistes, de metteurs en scène… Ce sont des recherches scientifiques pour créer des mondes. Le cinéma et le jeu vidéo sont étroitement liés jusqu’à l’utilisation d’acteur dont le visage est digitalisé (Ellen Page a prêté son visage pour le jeu vidéo Beyond : two souls)

Les images permettent de définir à la fois un univers entier mais aussi un certain style visuel. Concevoir des décors permet aux concepteurs de donner du rêves aux spectateurs, leur donner l’envie de sauter dans l’image pour rentrer et se promener dans les différents mondes. L’image permet aussi de donner vie aux personnages, on recherche le moyen de leur donner une expression, un regard, une âme.

L’exposition en elle-même est assez ambivalente puisqu’elle a à la fois une présentation classique (comme celle des musées) tout en ayant de nouvelles technologies françaises qui rendent le corps humain ou les décors de plus en plus réalistes. La première salle par exemple présente les différentes étapes de l’exposition (“Dessiner les villes et les cités”, “Réécrire l’histoire”) avec des écrans numériques montrant les paysages qP1000438ue nous allons voir pendant l’exposition. Cependant, peut-on dire qu’il s’agit réellement d’une exposition d’art numérique ? La présentation, comme dit plus tôt, est plutôt traditionnelle. On retrouve des peintures (mais des peintures d’art numérique), des sculptures… Contrairement à l’idée que l’on se fait, l’exposition n’est pas vraiment aussi interactive que l’est un jeu vidéo sur le joueur. Il y a par contre une forme de transcendance, le fait d’avoir l’impression d’être transposé à l’intérieur des décors, notamment grâce à la vidéo (à la manière d’un casque de réalité virtuelle pour Assassin’s Creed Unity) qui permet aussi d’être immergé dans le passé (ici, la révolution française). On trouve aussi les murs entièrement recouverts de paysages, qui donnent l’impression d’être réellement dans le décor. C’est donc plus une exposition qui cherche à incorporer le public dans cette nouvelle forme d’art de plus en plus réaliste, qu’à interagir avec elle.

Alors, où place-t-on l’exposition vis-à-vis de l’art numérique ?

On peut se demander si présenter le jeu vidéo sous sa forme la plus artistique, et notamment par le biais de médiums plus “traditionnels” (c’est à dire toile, photographie, sculpture), ne retire pas l’aspect numérique de cet art. En effet, même si l’exposition est composée de nombreuses vidéos et donc d’écrans, qui présentent le travail de graphiste sur les différents jeux mais aussi des séquences de jeu divers, le fait que l’on ai aucune possibilité d’interaction avec celui-ci dénature l’expérience.

L’exposition du numérique est aussi une question importante car il est difficile de garder ce qui relève de l’immatériel et de l’éphémère. Peut-on garder ce qui est immatériel ? Ici, il ne s’agit pas de ne pas pouvoir garder les œuvres puisqu’elles ne relèvent pasP1000550 d’un art éphémère. Au contraire, mélanger tous les arts comme la peinture, la musique ou la sculpture permet de garder une trace de ces œuvres. Ce sont des œuvres qui permettront aux connaisseurs (ou pas) d’en savoir plus sur les méthodes de création d’un jeu, d’aller au-delà de la simple utilisation du jeu vidéo pour jouer.  D’un autre côté on peut parler de matérialisation du fait que nous voyons des graphismes et croquis correspondants à des captures d’écran qui figent le jeu à un instant x qui n’est en réalité qu’une micro seconde de celui-ci dans la partie du joueur. A partir de là, le médium de la toile, ou tout autre médiums matériel permet justement de matérialiser le numérique.

On voit aussi une énorme différence avec d’autres expositions qui traitent du jeu vidéo comme celle du Grand Palais “Game Story” qui a eu lieu en 2011. Lors de cette exposition qui retraçait l’histoire du jeu vidéo, mais aussi l’évolution des consoles, tout était pensé pour faire interagir le public. Ce dernier pouvait alors jouer à différents jeux : Mario, Pac Man, etc …. Cette exposition s’adressait à un public très large, mais aussi et surtout : néophyte. Contrairement à l’exposition aux Arts Ludiques qui suggère au public une vision bien plus artistique du projet et qui ne s’intéresse qu’à un seul élément (le graphisme) qui, même s’il est primordial ne constitue pas l’art entier du jeu vidéo. On voit alors un paradoxe avec le titre de l’exposition “L’art dans le jeu vidéo” puisque l’on ne s’intéresse ici qu’à l’art visuel en laissant totalement de côté l’art du codage, du game play, etc …Vous pouvez avoir accès aux infos sur cette ancienne exposition en cliquant juste ici !

Pour résumer notre opinion :

Opinion de FeatherOwl (Claire) :

J’attendais cette exposition avec impatience. Je joue aux jeux vidéos depuis toute petite, et j’ai eu l’impression que cette exposition était adressée aux personnes qui s’y connaissaient un peu. Je ne me suis pas sentie extrêmement perdue dans tout cet univers : les photos, les vidéos, les décors… mais je pense que les personnes qui découvrent le jeu vidéo à travers cette exposition ne sont pas assez guidés. Le point positif cependant est que, sans être passionné, on peut tout de même découvrir les techniques numériques de plus en plus performantes pour rendre les personnages/les décors réalistes. De plus, c’est une invitation à un voyage à travers de la “peinture moderne” : immersion dans des décors historiques (Assassin’s Creed) ou même fictifs (Child of Light) etc… en plus d’une présentation muséale assez classique (croquis, sculptures) combinée à du modernisme : des écrans incurvés, des écrans attachés au plafond, des décors qui prennent la place de murs entiers…

Opinion d’Olivia (La Couleur des Mots) :

J’aime beaucoup les jeux vidéos ,même si en vieillissant je me suis mise à y accorder moins d’importance. Il n’empêche que dernièrement j’ai eu un regain d’intérêt notamment avec l’avant dernier Assassin’s Creed et le jeu Injustice ( pas présent dans l’exposition). Ce que j’aime dans les jeux vidéos ce sont les graphismes, je suis épatée par ce que l’on peut faire avec un ordinateur de nos jours. Du coup, j’étais vraiment enthousiasmée par cette exposition. Pendant la visite je suis assez rapidement retombée sur mes pieds. J’ai été au final assez déçue par cette exposition qui nous présentait la peinture graphique comme si l’on était au Louvre ou dans un autre musée qui propose des expositions non numériques. Sans compter que la médiation était vraiment minime comme l’a dit Claire précédemment.

Opinion de Rolling Tongue :

Pour ma part, j’avais de nombreuses idées préconçues à propos des jeux vidéos et je n’ai jamais eu l’envie de m’y mettre afin de me faire ma propre opinion. Du coup je trouve que cette exposition peut-être un bon moyen d’aborder le jeu vidéo en dehors de tout clichés (comme celui de la violence, des “no-life”, etc …) et légendes urbaines. J’ai aimé le fait que l’exposition permette aux œuvres de s’étaler, de se propager, par exemple dans la seconde salle dans laquelle des croquis et des dessins en noir et blanc sont directement imprimés sur les murs, pareil pour la cinquième salle (sur chaque mur un décor typique de jeu vidéo) qui permet une immersion totale. En réalité, j’ai eu l’impression que l’exposition s’adressait totalement au public dont je fais partie (c’est à dire complètement néophyte) mais que, paradoxalement, au niveau des cartels, elle ne prenait en compte qu’un public d’initiés (gamer, ou même professionnels du jeu vidéo).

Ce qu’on aurait aimé voir :

Cette exposition était moins immersive que d’autres qui l’ont précédées. Par exemple, dans l’expo sur les studio Ghibli, il était possible d’être incorporé dans le dessin de l’une des scènes du dessin animé Le voyage de Shihiro.

L’exposition aurait pu approfondir la notion d’immersion, notamment en impliquant encore plus le spectateur, par exemple en installant une table de coloriage avec des croquis de jeux vidéos imprimés. Ils auraient pu aussi faire en sorte que l’on puisse faire des séquences où l’on pourrait jouer pendant 10 minutes, pour avoir plus un rôle d’acteur que de spectateur. La principale qualité du jeu vidéo est l’immersion : ici, on aborde plus le jeu vidéo comme un art et en oubliant sa fonction principale et tout ce qu’elle représente.

Les deux seules œuvres immersives sont, selon nous :

La vidéo d’Assassin’s Ccredd Unity avec un écran incurvé où on est immergé à la place du personnage principal. C’est une balade dans les rues de Paris au XVIIIe siècle (immersion plus grande quand on est assis, l’impression d’être totalement immergé, assis pile au point de vision du personnage)

La Présence de peinture numérique : il y a alors possibilité de filmer l’artiste lors de la création (montrer sa technique, la façon dont il utilise le numérique pour créer une œuvre picturale).

Pour conclure :

« C’est une reconnaissance vis-à-vis des artistes, dont le travail est souvent peu visible dans les jeux vidéo finis, et par ailleurs un exercice de mémoire, pour des jeux sortis il y a vingt, vingt-cinq ans, et dont on découvre les dessins préparatoires » Michel Ancel, créateur de Rayman

Dans cette exposition, les différents moteurs sont mis à disposition. Le moteur de perception utilise la vision et l’ouïe, mais pas le toucher. Tout est une question de spontanéité car le spectateur, comme dans un musée classique, va décider de ce qu’il va regarder. Il n’y a aucun agissement de celui-ci sur l’œuvre, pas d’interactivité dans le sens d’action, le spectateur est totalement passif. La perception du spectateur va être différente s’il a des notions sur les jeux vidéos ou non. Le moteur d’expression est utilisé de manière classique car les œuvres ont, pour la plupart, une disposition muséale. Les exceptions sont les écrans suspendus, les vidéos (interview, écran incurvé) et les croquis directement apposés au mur. Malgré tout, le moteur de comportement n’est pas très présent. Ce n’est pas une exposition qui requiert l’interactivité du spectateur. En effet, même la vidéo sur l’écran incurvé pose la question de l’immersion : y a-t-il vraiment agissement lorsqu’une personne reste assise sur un banc à regarder une vidéo ? Les autres vidéos sont des interviews qui nous donnent des informations sur les techniques qui permettent de créer des paysages, des personnages… ou bien des démonstrations de jeux (Child of Lights par exemple) qui peuvent être considérées comme de l’immersion mais pas comme de l’interactivité réelle avec les visiteurs. L’exposition est avant tout un mélange entre moderne et traditionnel (sculptures, tableaux…) ce qui permet une bonne visibilité de comment se prépare un jeu, au-delà de son game play ou de son histoire.

Définitions :

(1) Peinture numérique : forme d’art numérique dans laquelle les techniques de peinture comme l’aquarelle sont appliquées avec des outils numériques avec comme support un ordinateur ou une tablette graphique. La peinture numérique n’implique pas que l’ordinateur s’appuie sur un modèle : l’artiste créée la peinture directement sur ordinateur.

(2) Réalité virtuelle : simulation informatique qui est interactive et immersive, visuelle, sonore… d’environnements souvent imaginaires. Cela permet à la personne d’entrer dans un monde artificiel en ressentant son environnement (activité motrice, cognitive), environnement créé numériquement.

(3) Réalité augmentée : Interface entre des données virtuelles et le monde réel, qui doivent être combinés en temps réel dans un environnement en 3D (c’est-à-dire le monde réel).

(4) L’art audiovisuel : regroupement de différentes pratiques artistiques liées à l’audiovisuel comme le cinéma, l’art vidéo…

(5) L’art interactif : désignation de l’art numérique. C’est une forme d’art qui réagit aux visiteurs, à l’environnement… Cela permet de participer à l’œuvre d’art, d’interagir avec elle en temps réel ou sur le long terme (Fantômes).

(6) L’art génératif : dans l’art numérique, c’est une forme d’art qui se base sur des algorithmes afin de se générer toute seule. Elle n’a pas besoin du spectateur ou de quiconque pour cela.

Sources :

http://www.telerama.fr/sortir/jeux-video-la-creativite-francaise-fait-tilt-au-musee-art-ludique,131874.php

http://artludique.com/jeuxvideo.html

http://artludique.com/video.html   

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Prise_de_d%C3%A9cision/Le_jeu_vid%C3%A9o_est-il_un_art

http://teleobs.nouvelobs.com/jeux-video/20111109.OBS4194/le-grand-palais-erige-le-jeu-video-en-art-numerique.html

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